En situation de vulnérabilité

Les jeunes et parents qui fréquentent nos activités sont en très grande majorité (environ 99 %) issus de familles immigrantes de première et de deuxième génération. Les actions menées par l’organisme se tiennent dans des milieux où plusieurs facteurs accroissent leur vulnérabilité. Les faibles revenus, l’exclusion sociale, la criminalité, les parcours migratoires cahoteux et les difficultés d’intégration sont quelques-uns des facteurs qui peuvent avoir des répercussions sur les jeunes et parents qui fréquentent l’organisme.

Laissés à eux-mêmes

Les activités visent à rejoindre des jeunes et des parents qui sont souvent laissés à eux-mêmes. En offrant une présence sur le terrain, le travail de prévention est déjà entamé.

Un travail de première ligne : d’action à réaction

Les intervenants travaillent sur deux fronts. En premier lieu, ils effectuent un travail en amont des problèmes. Les intervenants de milieu vont vers les jeunes, observent et analysent les divers comportements, situations et dynamiques de groupe. Ils peuvent ainsi identifier les jeunes qui ont besoin de soutien et les problématiques sur lesquelles ils devront concentrer leurs énergies. Les intervenants communautaires scolaires vont prendre le temps de communiquer avec les familles, leur offrir du soutien et les intégrer à la vie scolaire et communautaire.En second lieu, les intervenants effectuent un travail en aval des problèmes. Ils sont là pour répondre aux besoins des jeunes et des parents et réagissent lorsque surviennent des situations qui nécessitent des interventions. Ce travail s’effectue à plusieurs niveaux, des altercations banales aux situations d’intervention majeures. En second lieu, les intervenants effectuent un travail en aval des problèmes. Ils sont là pour répondre aux besoins des jeunes et des parents et réagissent lorsque surviennent des situations qui nécessitent des interventions.

Le lien privilégié : le fondement de notre intervention

Nos actions permettent aux intervenants de passer du temps de qualité avec les jeunes et les parents dans un contexte peu orthodoxe. La nature « libre » des activités fait en sorte qu’ils peuvent consacrer plus de temps à chacun d’entre eux. Ces moments privilégiés servent à créer des liens entre les jeunes, les parents et les intervenants et permettent ensuite des interventions, de la référence ou de l’accompagnement beaucoup plus poussés et efficaces. De plus, ces liens encouragent les jeunes et les parents à se confier lorsque des problèmes les affligent, sachant que les intervenants sont présents pour les écouter, les soutenir et les encourager.

L’importance du modèle significatif

Les intervenants de milieu utilisent le loisir et le jeu comme prétexte pour regrouper les jeunes et créer un milieu de vie positif pour eux. Cette façon de faire permet aux jeunes de fréquenter nos activités sur une base volontaire et d’avoir accès à des loisirs, mais surtout, de pouvoir profiter d’un lieu où ils peuvent grandir et être en contact avec des adultes significatifs. Les intervenants ne se contentent pas d’observer les jeunes et participent activement à leurs activités. Aux yeux de ces derniers, dans leur travail d’intervention au quotidien, les intervenants remplissent plusieurs rôles. Ainsi, le rôle central d’intervenant de milieu peut être jumelé à celui d’animateur, d’entraîneur motivateur, de mentor, de confident ou encore de protecteur. Ces rôles ne sont pas uniquement définis par les intervenants, puisque les jeunes définissent parfois à leur tour ce que représentent leurs intervenants, en fonction de leurs besoins et de leur perception de l’adulte.

« L’empowerment » : un objectif central

« L’empowerment est un processus ou mécanisme par lequel les personnes, les organismes et les communautés
acquièrent le sentiment d’exercer ou exercent un plus grand contrôle sur les événements qui les concernent
»
(Rappaport, 1987, cité dans Le Bossé, 1996, p. 128).
L’empowerment des jeunes est un objectif central de notre organisme et il est visé, d’une manière ou d’une autre, par tous nos programmes. Nous croyons fermement que c’est en poursuivant l’atteinte de cet objectif que nos jeunes et leurs parents acquerront les outils qui leur permettront de bien se développer en tant qu’individu tout en étant plus aptes à faire face aux problématiques qu’ils vivent. Les actions en ce sens prennent plusieurs formes.Le fonctionnement de base de nos activités incite les jeunes à progresser à cet égard. En Cour d’école et parapluie, la liberté offerte aux jeunes leur permet de prendre conscience qu’ils sont capables de contrôler et d’accomplir certaines choses. Les intervenants les poussent vers cette conscientisation en leur faisant réaliser leurpotentiel, en leur accordant leur confiance et surtout, en leur laissant la chance de se tromper et d’apprendre de leurs propres erreurs. Par leur écoute et leurs encouragements, les intervenants favorisent le développement d’une bonne estime de soi, essentielle à l’empowerment. La Maison des jeunes 9-12 ans, dans cette perspective, repose sur les mêmes bases que Cour d’école et parapluie. Toutefois, l’âge des jeunes et l’apprentissage du processus démocratique permettent d’atteindre un niveau de conscientisation plus élevé. Aussi, contrairement à Cour d’école et parapluie, le travail d’empowerment peut s’y faire à l’échelle du groupe. Au fur et à mesure que l’année progresse, les intervenants encouragent les jeunes à prendre un certain contrôle de leur maison des jeunes. Conscients de leurs échecs comme de leurs réussites, ils apprennent à œuvrer ensemble pour le bien commun. En ce qui concerne Mieux s’ancrer à St-Laurent, les ICS offrent un soutien aux parents dans leur rôle d’éducateur et améliorent la qualité des relations parents-enfants. Ils offrent du même coup aux familles l’occasion de vivre des expériences de socialisation positive et de développer leurs compétences parentales en les outillant et en leur permettant d’acquérir une plus grande autonomie. En encourageant les parents à participer activement dans les écoles (parents bénévoles, organisme de participation des parents, conseil d’établissement, etc.), les ICS les encouragent à se responsabiliser dans leur intégration à la société québécoise. L’objectif de prévention et d’intervention est central à la mission du centre l’Unité et les moyens mis en œuvre pour le réaliser sont proportionnels à son importance.